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LUTTE BIPHOBIE

LA BIPHOBIE EN FRANCE

SOMMAIRE :

- DEFINITIONS

- TEMOIGNAGES

- ENQUETE SUR LA BIPHOBIE 2015

- JOURNEE DE LA BISEXUALITE

- UNE DOUBLE DISCRIMINATION

 

DEFINITIONS

La biphobie se rapporte à la haine, la peur ou le dégoût de la bisexualité ou des bisexuel(le)s. Elle n’est pas réservée aux hétérosexuel-le-s : elle est aussi le fait d’homosexuel-le-s, qui considèrent la bisexualité comme une incapacité à s’assumer (comme homosexuel-le-s), voire comme une forme de traîtrise. Elle véhicule le cliché d’un effet de mode : ce serait branché pour un-e hétérosexuel-le de se dire bi, même si il/elle ne vit pas d’histoire amoureuse avec une personne du même sexe que le sien.

Un certain nombre de clichés expriment une biphobie véhiculée par les hétérosexuels : les bisexuel-le-s seraient par nature volages, car incapables de choisir entre hommes et femmes ; ils/elles voudraient "le beurre et l’argent du beurre", etc. Comme bien souvent, ce genre de jugement repose davantage sur l’ignorance et des idées toutes faites que sur une véritable connaissance du sujet.

Il est important de dire aussi que, pour l’essentiel, les bisexuel-le-s ont surtout à souffrir de comportements homophobes, la biphobie ayant un caractère moins brutal, même si elle peut occasionner du mépris, des plaisanteries assez pesantes, voire des formes hypocrites de discrimination.

 

Dans LGBT, il y a un B comme bisexualité. Comme biphobie aussi. Et ce B est encore largement chargé d’un certain nombre d’idées reçues.

Parce que les hétéros sont majoritaires, ils croient parfois être la norme. Parce que les homos subissent les discriminations, ils croient parfois tout en savoir.

Pourtant, entre ceux qui croient que la bisexualité n’est pas une orientation sexuelle comme les autres et ceux qui pensent que les bi ne sont pas victimes de discriminations comme les gays ou les lesbiennes, il y a surtout là un réel manque d’informations. Donc voilà cet article pour faire un état des lieux sommaire de la biphobie avec un top 10 des anecdotes biphobes :

En gros, la bisexualité n’existerait pas. Bien des personnes sont incapables d’envisager qu’un individu puissent être attiré par des personnes quelque soit leur sexe. Cela revient à nier une partie de l’identité d’une personne. Pourtant, la diversité des genres et des orientations sexuelles a prouvé que la sexualité, les relations ou les identités sont autant de sujets complexes qui ne se résument pas à une poignée de mots. Mais notre société demeure binaire. Même dans « bi » il y a «deux» alors que, tout comme il existe des personnes attirées par des personnes du même sexe ou des personnes attirées par des personnes du sexe opposés; il existe des personnes attirées par des personnes de tous sexes. Il existe des personnes attirées par des personnes quelque soit leur genre. Il existe une multitude d’identité et d’attirances qui ne disparaissent pas en fonction du statut marital des individus.

La bisexualité, notamment celle des femmes, est de plus en plus médiatisée. C’est peut être parce qu’elle est moins tabou qu’elle fait autant parler d’elle. Alors non, ce n’est pas un effet de mode, de même qu’on ne choisit pas d’être homo ou hétéro, on ne choisit pas d’être bi. Et puis même si c’en était un, en quoi est-ce un problème ? Que cela peut-il bien faire ce que les gens font dans leur intimité ? Et si cet « effet de mode » peut permettre à des individus d’assumer leur orientation sexuelle tant mieux. Et même si ce n’est que de la curiosité, que ce n’est que l’histoire de quelques nuits sans lendemains, aucun mal n’est fait, cela ne regarde que les deux personnes concernées.

On n’imagine difficilement comment ils pourraient être fidèles s’ils sont constamment attirés par l’autre sexe. Être bi ce serait aussi avoir plus d’envies, donc plus dures à satisfaire… Pourtant, la bisexualité n’a rien à voir avec la fidélité ou l’appétit sexuel! S’engager avec une personne, se lancer dans une relation exclusive, c’est renoncer à toutes les autres, quelle que soit leur genre, leur taille, leur couleur de cheveux, etc.. Et les bi n’ont ni plus le droit d’être infidèle ou non exclusif, ni moins. Là encore, ce n’est pas une affaire de choix. Une personne bisexuelle ne décide pas de tomber amoureuse. Elle ne choisira pas un partenaire du sexe opposé par facilité ou ne vous quittera pas parce que l’autre sexe lui manque.

Faîtes un effort de mémoire. Rappelez-vous de vos jeunes années, celles qui ont précédées vos premières relations. Vous ne pensiez pas encore connaître votre orientation sexuelle ? Vous vous disiez que vous deviez tester pour être sûr ? Mais alors peut être faudrait-il que vous testiez une relation homo/hétéro pour être sûr? Eh bien là, c’est pareil. Certaines personnes ont conscience de leur orientation sexuelle, d’autres non, mais ce n’est pas propre aux bi, ni aux LGBT en général.

Pour faire court: étant donné que tous les points précédents sont basés sur des faits, ils contredisent à eux seuls cette affirmation. Les bi subissent l’homophobie de façon plus ou moins importante mais ils subissent également des discriminations liées directement à la biphobie et cela au sein même du milieu LGBT.
Hétéros, gays, bi, hommes, femmes, trans, asexuel-le-s, intersexes, aromantiques, gender fluides, polyamoureu-se-s, queers…

 

«Non mais t’es sérieux, t’es gay (ou lesbienne) ou hétéro ?» ou «t’es soit l’un soit l’autre mais pas les deux».

Les voilà, les invectives les plus courantes à l’encontre des bisexuels qui, en 2016, ont deux fois plus contacté l’association SOS Homophobie qu’en 2015. Total : 42 témoignages qui disent l’embarras, voire le rejet, que cette orientation sexuelle suscite encore. «La biphobie ne bouge désespérément pas. Au contraire, elle augmente et fait particulièrement l’objet de stéréotypes», assure Joël Deumier, président de l’association. Cliché le plus répandu : les «bi» seraient des obsédés sexuels. Sonia, 38 ans, explique ainsi que sa bisexualité est assimilée à de «l’hypersexualité» et qu’il n’est pas rare qu’on lui propose des «plans à plusieurs» ou qu’on la considère comme une «pute».

S’ajoutent d’autres idées reçues. Beaucoup considèrent encore la bisexualité comme une «phase transitoire», voire une «mode», ou une incongruité. Laura, la vingtaine, lors d’une conversation familiale sur David Bowie, s’est ainsi ramassé : «On aime soit les hommes, soit les femmes, ce n’est pas possible d’être à 50-50.» Anne, bisexuelle, a grandi dans une famille catholique de cinq enfants. L’une de ses sœurs a révélé son homosexualité à sa mère qui a très mal réagi. Lorsqu’à son tour, elle se dévoile, sa mère demande aussitôt à son fils ce qui est le pire : «Etre lesbienne ou bisexuelle ?» A tout ce ramassis d’ignorance, s’ajoute chez nombre de «bi» le sentiment d’être incompris tant par les hétéros que par les homos. «Il y a double incompréhension et double peine», conclut Joël Deumier.


 

QUELQUES TEMOIGNAGES

Cathy - 23 ans

Je suis tombée amoureuse d’un garçon trans quand j’avais 17 ans. On s’était rencontrés longtemps avant, sur Internet. A l’époque, il ne s'était pas encore outé en tant que trans, j’étais donc «amoureuse d’une fille». C’est à ce moment que j’ai découvert que je n’étais pas hétéro, mais bi. Moi, ça ne m’a pas dérangée, ni même perturbée plus que ça. Je l’ai dit à ma mère presque immédiatement. Elle m’a parlé de la fille de l’une de ses collègues, qui a perdu tous ses amis et a dû déménager après son coming-out. Elle m’a dit ensuite que c’était dur pour elle, d’imaginer que je ne lui donnerais peut-être jamais de petits-enfants. Je me suis sentie obligée de lui dire que je finirais peut-être avec un garçon.

Pour elle, je crois, comme pour d’autres membres de ma famille, ma bisexualité était – et est peut-être toujours – avant tout la possibilité de fonder une famille hétérosexuelle à terme. Une passade à leurs yeux, donc. D’ailleurs, ma mère m’a déjà dit que pour elle, «les bis sont des gens un peu perdus». C’est dans la communauté LGBT que j’ai le plus ressenti la biphobie. On a mauvaise réputation: soit c’est passager, soit on fait ça pour attirer l’attention, soit on est des lesbiennes avec un pied dans le placard… Et, bien sûr, pour les mecs hétéros, on est un potentiel plan à trois.

Il y a des gens qui considèrent qu’en tant que bis, nous n’avons pas notre place à la Gay Pride. Ça ne m’a jamais empêchée d’y aller – mais à cause de cette espèce de rejet de la communauté elle-même, j’ai toujours eu cette impression sous-jacente d’être illégitime dans de tels espaces ou de telles luttes, d’usurper quelque chose… Pourtant je sais parfaitement que cette impression est le fruit de la biphobie ambiante. D’une certaine manière, la façon dont les hétéros considèrent la bisexualité féminine est extrêmement liée à la façon hétérocentrée dont la société envisage les relations sexuelles : pour le dire platement, généralement, la société considère qu’une relation sexuelle doit forcément être axée autour d’un pénis, et autour de la pénétration. D’où, peut-être, l’idée que l’attirance des femmes bisexuelles pour les personnes sans pénis est forcément «secondaire» par rapport à leur attirance pour les personnes qui en ont un.

 

Laura 22 ans

Je me suis vraiment définie comme bisexuelle quand je suis sortie avec une femme pendant plus de deux ans, après n’avoir eu que des relations avec des hommes. Pourtant, je sais que certaines personnes se définissent bisexuelles bien avant de sortir avec les deux sexes, mais pour moi ça a été le moyen de le «vérifier»: j'aimais les femmes autant que les hommes, que ce soit amoureusement ou sexuellement. Je l’ai dit tout de suite à mes meilleurs amis, qui ont bien réagi. Pour mes parents, c’est venu plus tard. Mon père, que je pensais ouvert d'esprit, l’a mal pris, et m’a sorti les phrases bidon qu'on dit en général aux jeunes qui font leur coming-out : «Ce n'est qu'une passade», «Tu dois avoir un problème avec ta mère» (mes parents sont divorcés), «Tu verras, ça te passera vite»...

Ma mère en revanche, qui est bien plus stricte, a accepté la chose naturellement au fur et à mesure. Aujourd'hui, je ressens le besoin de préciser que je suis bisexuelle : je suis en couple stable depuis trois ans avec un homme, les gens ont donc tendance à penser que je suis hétérosexuelle. Et pour moi, en leur laissant croire, c'est comme si je cachais une partie de moi, alors que je n'en ai absolument pas honte. Cela me permet aussi de faire un «tri» assez rapidement dans mes contacts. J’ai souvent été confrontée à de la biphobie et des clichés : la fille instable, éternelle insatisfaite, incapable de se poser... Ou les inévitables propositions de plans à trois : non pas ce soit une chose déplaisante, mais être forcément liée à ce cliché, c’est franchement lourd.

Les hétéros posent souvent beaucoup de questions pour savoir ce qui se passe dans ma tête : en général je leur réponds que je suis comme eux, qui aiment le gâteau au chocolat et celui à la vanille. Etonnamment, je ressens une biphobie bien plus forte de la part de certains homos dans le milieu militant ou sur les forums, où on entend que l’on n’assumerait pas notre homosexualité, ou qu’il faudrait choisir son camp.

 

Lionel 45 ans

J'ai embrassé une fille pour la première fois à 8 ans. J'ai embrassé un garçon pour la première fois à 10 ans. Je suis sorti avec une fille pour la première fois à 14 ans. J'ai couché avec un garçon pour la première fois à 15 ans. J'ai couché avec une fille pour la première fois à 17 ans. Je suis sorti avec un garçon pour la première fois à 18 ans. Mes histoires d'amour avec des filles ont duré entre six mois et deux ans. Mes histoires d'amour avec des garçons ont duré entre quinze jours et six mois. Je n'ai jamais cherché à plaire plus à l'un ou à l'autre.

J'ai toujours considéré la personne dans son ensemble et les affinités que je pouvais avoir avec elle. La différence ne m'a jamais posé de problème en soi. Je n'ai jamais eu vraiment besoin de justifier mes choix auprès de mes parents. Un détail cependant : je suis métis, d’un père noir et d’une mère blanche. J'ai donc souffert d'une certaine forme de discrimination, d'abord pour ma couleur quand j'étais enfant, puis sur ma sexualité quand j'étais adolescent. Mais c'est en entrant dans l'âge adulte que je me suis rendu compte de la difficulté pour les autres d'accepter ce que je suis. Et le choc a été rude lorsque l'on m'a fait prendre conscience que la majorité des gens ne me voyaient que comme noir et homo. Pourtant, je réponds simplement que je suis bisexuel, quand on me pose la question. Mais, d'entendre commenter: «Ah, donc, tu reviens à la normale de temps en temps», ou encore : «Mais, tu as bien une préférence entre les deux...» ; de surprendre des regards étonnés quand je parle d'unE de mes ex. ; ou, pire, d'être harponné d'un : «Mais, comment tu fais?», aussitôt suivi d'un: «Tu ne peux pas aimer les deux, c'est l'un ou l'autre...»; à la longue, c’est épuisant. On en devient presque malade.

À un moment, j'en étais à me considérer comme un monstre, en me disant que je n'étais peut-être pas normal. J'ai déprimé un certain temps. Je ne pouvais plus me regarder dans une glace. Ce n'était pas de la discrimination à proprement parler, plutôt un refus, de l'incompréhension des gens face à ma situation, et cela me minait. On niait ma personnalité, on me demandait de me couper en deux. Même mon métissage posait problème, car on disait que je «reniais ma race» (né à Paris, ayant grandi près de Brest, je n'ai pas de culture antillaise - je ne parle même pas le créole). J'ai pensé au suicide un certain nombre de fois. Je ne suis pas allé au bout; soit j'ai reculé au dernier moment, soit j'ai été empêché. J'ai essayé de m'affirmer plus d'une fois, mais je faisais face à des masques d'incompréhension. Je devais sans cesse m’expliquer. Mais certains pensaient que je tentais de me justifier en fuyant la réalité: que j'étais homosexuel et noir. Point.

Il m'a fallu quelques années pour émerger de nouveau. J’ai été grandement aidé par mes deux meilleurs amis. Ce sont les premiers à m'avoir fait comprendre que je n'avais pas d'explication à donner aux autres. Je suis comme je suis. Si ça plaît tant mieux, et sinon tant pis. Le besoin de mettre des gens dans des cases est tellement présent dans notre société qu'il m'a fallu du temps pour me dire qu'ils avaient raison. Depuis, je vis beaucoup mieux. Je dis simplement les choses telles qu'elles sont. Ainsi, tout mon entourage personnel et professionnel sait que j'ai un compagnon, et une de mes ex est devenue mon amie sur Facebook. C'est même la première à m'avoir félicité quand j'ai évoqué mon petit ami pour la première fois sur mon profil. Aujourd'hui, vous me poseriez la question, je vous répondrais : «J'ai 45 ans, je suis métis et bisexuel.» Et, si vous cherchiez à connaître les raisons d'un tel choix, je vous dirais simplement : «Ce n'est pas un choix. Je suis né comme ça : Je suis comme je suis.»

 

François 53 ans

Ma première expérience sexuelle a eu lieu avec un homme, quand j’avais 16 ans. Ensuite, à partir de mes 17 ans, j’ai eu des histoires avec des femmes. J’étais dans le refoulement: je pensais ne pas être normal, être pervers à cause de mes fantasmes avec des garçons. Je suis resté en couple vingt-six ans avec la même femme, à qui j’ai été marié pendant dix-neuf ans. Pendant cette période, j’avais toujours des fantasmes impliquant des hommes, une envie d’être sodomisé. Je savais que la bisexualité existait, mais je pensais que je fantasmais simplement sur l’homosexualité en raison du plaisir que j’avais ressenti au cours de ma première expérience sexuelle. Pour moi, la bisexualité était tout simplement un autre monde, à l’égard duquel je ne ressentais ni rejet ni honte, mais qui m’était simplement étranger. Au cours de ces années, j’ai stagné, je ne parlais pas de mes fantasmes.

Mon environnement n’était pas propice: je ne fréquentais pas d’homo ouvertement affirmé, et en tant qu’homme vivant dans une relation hétérosexuelle, je ne me sentais pas légitime pour parler de cela. C’est grâce à ma compagne actuelle, avec qui je suis en union libre depuis cinq ans, que j’ai pu me libérer. On en a parlé très ouvertement et sans tabou dès le début de notre relation. C’est cette parole libre qui m’a permis de prendre conscience de ma nature. C’est après ma deuxième expérience homosexuelle (avec un homme rencontré sur internet) que je me suis dit bi, même si je le sentais déjà au fond de moi.

La bisexualité est courante, mais beaucoup de gens, je pense, ne se l’avouent pas clairement, à cause du regard porté par la société: on fonctionne beaucoup en noir et blanc, de manière manichéenne, ce qui fait qu’on nous demande souvent de quel côté on penche le plus. Depuis deux ans, je suis militant LGBT, au sein de l’association Bi’Cause, et en politique. J’affiche clairement ma bisexualité, sur mon blog ou les réseaux sociaux. Dans ma famille, personne ne m’en parle, mais on ne parlait pas de sexualité auparavant. Ma fille de 25 ans est au courant aussi, mais ne souhaite pas s’étendre sur le sujet, plus par gêne que par rejet. Il y a encore, chez beaucoup de gens, une méconnaissance de la bisexualité, souvent associée à l’infidélité, au libertinage ou à une vie dissolue, des partouzes à tour de bras. Sans doute parce que les bisexuels sont moins visibles que les gays et lesbiennes. Surtout la bisexualité masculine: les femmes ont en quelque sorte l’avantage que cela suscite des fantasmes chez les hommes d’imaginer deux femmes ensemble. En fait, j’ai l’impression qu’en France, beaucoup de gens ne savent pas que la bisexualité existe.

Certes, des personnalités américaines font leur coming-out, et cela permet de prendre un peu plus d’assurance, mais il n’y a pas vraiment d’équivalent français, de personnes assez connues pour faire évoluer cette question de la visibilité. Il faudrait pouvoir libérer la parole sur ce sujet. Le gros point noir, c’est l’invisibilité. C’est elle qui entraîne des problèmes sanitaires, notamment de transmission du VIH, ou fait grimper le taux de suicide. Vous imaginez un gamin de 16 ans qui s’entend dire que sa sexualité n’existe pas, ou que c’est une phase? Cela dit, les choses sont en train d’évoluer doucement: on voit des associations d’homosexuels ou de parents d’homosexuels qui s’impliquent dans notre cause, par exemple. Et puis le phénomène du polyamour, qui est un peu devenu une mode, a aussi facilité une certaine ouverture d’esprit. Cela étant dit, il est important de souligner qu’on peut être bisexuel et monogame.

 

Première enquête sur la biphobie en 2015

Elle fait suite à trois ans de travail et à la concrétisation de la plaquette de 2013, qui présentait les premiers résultats. Aujourd'hui, la synthèse est faite et les chiffres sont porteurs d'espoir.

Parmi les 6 107 répondant-e-s, 85% d'entre eux-elles ont défini la bisexualité comme une "orientation sexuelle comme une autre" et 73% pensent que les bi-e-s peuvent être discriminé-e-s à cause de leur orientation sexuelle. Cela est une bonne nouvelle dont nos quatre associations se réjouissent, car ça montre que la bisexualité et la biphobie sont reconnues.

Pourtant, nous constatons que si la bisexualité est reconnue, tout comme la biphobie de plus en plus, les clichés perdurent. Notamment sur l'hyper sexualisation des bi-e-s, les représentant comme des personnes avides de sexe, polygames et indécis-e-s. Ils-elles auraient besoin des hommes et des femmes en même temps, afin d'assouvir leur soif de luxure.

Cette idée se retrouve dans la quatrième partie de l'Enquête ("Viens, on est bien bien bien"), de manière assez flagrante. En effet, nous avons posé à nos sondé-e-s trois questions : s'ils-elles étaient prêt-e-s à avoir une relation sexuelle / amoureuse / longue durée avec un-e bi-e. S'ils-elles étaient 78% à répondre par la positive dans la première option, le chiffre diminue aux deux suivantes. Ils-elles sont 71% à pouvoir concevoir une relation amoureuse, mais seul-e-s 61% pour la relation longue durée, soit une perte de 17 points.

Lorsque les personnes ont commenté leurs réponses, les mêmes idées revenaient : "peur d'être quitté-e pour un-e autre", "peur de l'infidélité", qu'ils-elles "tourne[nt] à droite à gauche pour mater un mec et une gonzesse en même temps". Les mêmes stéréotypes revenaient : infidèles, instables, polygames, luxurieux-ses, dénigrants ainsi toute la dimension de fidélité ou même d'engagement de la part des bi-e-s. Nous ne nions pas que cette réalité puisse exister, est-elle condamnable ? Non, nous ne pensons pas, mais il est faux de dire que ce sont des traits intrinsèques à la bisexualité, l'affirmer serait biphobe. Le multi-partenariat, l'infidélité ou l'hyper-sexualisation peuvent se retrouver chez n'importe quelle personne, hétérosexuelle, homosexuelle, pansexuelle ou autre.

Ce que nous demandons aujourd'hui, c'est que la diffusion de ces images stéréotypées des bi-e-s dans les médias, quels qu'ils soient, audiovisuels ou papiers, cessent. Nous voulons une visibilité de la bisexualité qui soit représentative de notre communauté dans toutes ses variétés. Que ce soit des bi-e-s en "multipartenariat", mais aussi "monogames", "hypersexualisé-e-s", mais aussi "asexuel-le-s", "instables", mais aussi "sûr-e-s d'eux-elles". Pour qu'ainsi, chaque personne puisse voir le spectre des identités bisexuelles, dans toutes leurs nuances, mais surtout, pour que les jeunes bi-e-s puissent s'identifier à des modèles, afin de ne pas se sentir seul-e-s ou anormaux-ales, dépréciation personnelle qui mène à des prises de risque dans le cadre sexuel et favorise les contaminations au VIH et aux IST. A cet effet, nous insistons sur la nécessité de la prévention auprès de tous les publics, que ce soit par les interventions en milieu scolaire, comme le fait SOS homophobie ou le MAG Jeunes LGBT, ou des manifestations et évènements culturels, tels qu'Act Up-Paris et Bi'Cause en organisent.

Enfin, cette Enquête est la première du nom, un premier pas. Nous espérons que celui-ci donne suite à une longue marche, de travaux, d'enquêtes, qui permettront de visibiliser la bisexualité, mais aussi de montrer la spécificité de la biphobie, différente de la lesbophobie ou de la gayphobie.

 

Journée de la bisexualité

La Journée de la bisexualité (en anglais : Celebrate Bisexuality Day) est célébrée le 23 septembre par la communauté bisexuelle et ses sympathisants.

Cette journée est un appel aux personnes bisexuelles, leurs familles, amis et sympathisants à la reconnaissance des droits et à la célébration de la bisexualité à travers son histoire, sa communauté, sa culture et son vécu quotidien. Cette journée, qui n’a au départ connu le succès que dans les lieux où les bisexuels disposaient déjà de communautés militantes (États-Unis et Royaume-Uni), s'est répandue par la suite dans plusieurs régions du monde.

La bisexualité existe, parce que nous, bisexuel-le-s, nous affirmons comme tel-le-s. Nous n'avons pas à prouver notre orientation, ni à choisir, elle est un état de fait et est une composante de nous-même que personne ne peut juger. C'est pour cela que le 23 septembre nous marcherons, pour montrer que la bisexualité se manifeste, s'exprime et qu'ensemble nous la défendons.

 

« Une Double discrimination »

La bisexualité peut être à la fois dénigrée par les communautés homosexuelles et hétérosexuelle. Par exemple, une personne bisexuelle en couple avec un homme ou une femme peut être suspectée de vouloir quitter la présente relation pour aller avec quelqu'un de « l'autre sexe ». Une des raisons de la biphobie chez les homosexuels peut être la conscience de leurs propres attirances hétérosexuelles, et donc la nécessité de faire un nouveau et difficile « coming-out », bisexuel, cette fois.

Parmi les homosexuels biphobes, la critique est que les bisexuels maintiennent leurs « privilèges » au sein de la communauté hétérosexuelle en collaborant avec elle, tandis qu'ils profitent également du mode de vie LGBT. Cette critique s'applique à la personne bisexuelle en couple hétérosexuel, n'ayant donc pas à subir l'homophobie au quotidien et pouvant se marier et avoir des enfants facilement, mais ayant des aventures homosexuelles cachées.

De même, des homosexuels craignent d'être en couple avec un(e) bisexuel(le) car ils jugent qu'une personne bisexuelle, ayant la possibilité de vivre avec les avantages sociaux de l'hétérosexualité, ainsi que de pouvoir physiquement concevoir avec un partenaire amoureux du sexe opposé, fera en bout de compte ce choix.

Selon la définition élargie de la biphobie, qui comprend l'occultation de la bisexualité, une partie des bisexuels eux-mêmes seraient biphobes, puisque deux études de 1992 et 1996 montrent que l'identité perçue (ou déclarée) ne concorde pas en général avec le comportement sexuel réel, avec respectivement 31,4 % et 38 % seulement des personnes des échantillons étudiés de pratiquants bisexuels se considérant eux-mêmes comme bisexuels

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