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19 NOVEMBRE 2012 - JE DECLARE AVOIR ETE VIOLEE - MANIFESTE DES 313

19 NOVEMBRE 2012 –

"Je déclare avoir été violée" :

"l'Obs" lance le manifeste des 313

En 1971, 343 femmes ont reconnu dans "le Nouvel Observateur" avoir avorté. Elles sont aujourd'hui 313 à déclarer avoir été violées. Un acte politique, lui aussi.

Chaque année en France, plus de 75.000 femmes, et presque autant d'enfants sont victimes de viol. Soit un viol toutes les huit minutes. Des drames banals, noyés dans la honte, que subit ou subira pourtant 1 femme sur 10 au cours de sa vie. Il faut se rendre à l'évidence : loin du fait divers, c'est un fait de société sourd, qui frappe tous les milieux sociaux. Et recèle son lot de vérités inavouables.

Sait-on que 80% des viols restent aujourd'hui commis par un proche, conjoint, amant, père, grand-père, ami de la famille ou patron ? Nous voilà loin du cliché où le violeur est un psychopathe armé et violent, qui traîne sa victime en minijupe dans une rue sombre.

Pour la première fois, des centaines de femmes déclarent ensemble avoir été violées. Elles signent aujourd'hui le "manifeste des 313".

De la joueuse de tennis Isabelle Demongeot à l'ancienne épouse de l'ex-Premier ministre Marie-Laure de Villepin en passant par l'auteur et scénariste Frédérique Hébrard, elles ont entre 18 et 87 ans. Dans les semaines qui viennent, elles seront des centaines, mues par le courage, à s'engager pour que la honte change de camp. A l'origine du texte et première signataire, Clémentine Autain s'affiche "Après l'affaire DSK, des femmes ont osé parler, le voile s'est un peu levé, je ne voulais pas qu'il retombe, explique-t-elle. Il faut en finir avec l'hypocrisie des images d'Epinal, le viol est un fait social qu'il faut maintenant prendre à bras-le-corps." Et il y a du travail.

Le "Manifeste des 313" : "Je déclare avoir été violée"

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En France, une femme est violée toutes les 8 minutes. Le viol est un fait banal, massif. Il détruit physiquement et moralement. Et pourtant, il relève du tabou. On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse.

Trop de stéréotypes entourent le viol. Dans l’imaginaire collectif, il se déroule dans une ruelle sombre et est perpétré par un inconnu physiquement menaçant. Dans la vraie vie, les violeurs sont le plus souvent connus de la victime et leur arme ressemble plus au chantage affectif qu’à un couteau, à la menace professionnelle ou financière qu’à un pistolet. Là se niche toute la complexité de ce crime qui s’inscrit dans un rapport de domination historique, celui du masculin sur le féminin.

Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte. Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique. Ce manifeste est une interpellation des pouvoirs publics et de la société tout entière pour favoriser l’émergence de notre parole, ici et maintenant".

Viol : "Je me souviens de la peur partout en moi"

Depuis le mois de juillet, à l'appel de Clémentine Autain, des centaines de femmes victimes de viol, Infirmières, étudiantes, fonctionnaires, artistes... : elles ont signé le manifeste des 313 dans "le Nouvel Observateur" et ont confié leurs témoignages.

Extraits de leurs témoignages.

"J'avais 8 ans la première fois"

"J’avais huit ans la première fois. Il en avait vingt-cinq, c’était un cousin. A l’adolescence, j’ai parlé. On ne m’a pas crue. A l’âge adulte, j’ai parlé. On m’a insultée. A 43 ans, j’ai encore parlé dans ma famille, on m’a menacée. J’ai parlé à l’université où j’élabore une thèse, on m’a dégagée. J’ai parlé à la justice, on m’a demandé pourquoi j’avais mis tant de temps. Aujourd’hui, d’avoir parlé, j’ai tout perdu. Famille, travail, dignité. Je suis anéantie mais en vie". (Sophie Paris)

"Je me souviens avoir vu son sexe de très près"

"La première fois, j'avais 9-10 ans. Je rentrais seule à pied de mon cours de danse. C'était l'hiver, il faisait nuit. Un homme est sorti d'un bar, il m'a coincée dans une ruelle. Il a ouvert son pantalon. Je me souviens avoir vu son sexe de très près. Je me souviens de la peur partout en moi, de sa main derrière ma tête. Puis, le trou noir. Et je cours, les voitures me frôlent sur la route, je cours, je cours.... La deuxième fois, j'avais 23 ans. Un ami de mon père m'aide à emménager dans mon nouveau studio. En remerciement il veut du sexe. Je me sens redevable, je me laisse faire. Il refuse le préservatif, alors je dis NON, je me débats. Je tente de me relever, mais je suis déjà coincée sous lui, il devient menaçant, je me dis que je ne peux rien faire à part prendre des coups, alors je ne bouge plus. Je pars de mon corps. Pourquoi le dire ? On ne me croira pas, c'est ma faute. Etait-ce vraiment un viol?" (Virginie Oudin, 36 ans)

"Il était moche, gros et très grand"

"Je l'ai croisé par hasard dans mon quartier, il y a plus de quarante ans. Il semblait paumé, déprimé. Gentiment je l'ai invité prendre un café dans ma minuscule chambre. Il ne voulait plus. Il était moche, gros et très grand. Il s'est jeté sur moi, je n'avais aucune chance. 'Dis-le que tu aimes ça, salope', voilà les mots de ce pauvre type". (Erika Fischer, 67 ans)

"Il me reste une putain de rage !"

"J’ai été violée à l'âge de 8 ans par un ado. Mes parents ont retrouvé le coupable, mais n'ont pas porté plainte pour ne pas 'gâcher l'avenir d'un jeune'. Ils pensaient bien faire. Ils pensaient que mon silence voulait dire que je n'y pensais pas. Ils se sont trompés […] Il me reste une putain de rage !" (Christine, 42 ans)

"Le mari de ma sœur m'a violée"

"En 1950, j'avais 22 ans, j'habitais à Livry-Gargan. Mon beau-frère, mari de ma soeur, m'a violée. A cette époque, il était impensable de faire état de ce crime. Comme mon beau-frère n'a pu répéter ce forfait, il n'eut de cesse de me nuire. Sa femme, ses enfants, et toute ma famille, m'ont rejetée. Y compris mon fils aîné et ses filles." (Suzanne Navellou, 85 ans)

"J'étais conditionnée par l'idée que la sexualité, c'était ça"

"J'ai été abusée par mon frère à l'âge de 10 ans, il s’agissait d’attouchements avec masturbation. J'aimais mon frère et il n'a pas été violent. Lorsque je me suis mariée, j'étais prête à tout accepter sur le plan sexuel. Mon mari me violait régulièrement, c'est-à-dire qu'il me faisait l'amour sans mon consentement, d'une manière violente, sans tendresse. Je m'étais habituée, j'étais conditionnée par l'idée que la sexualité, c'était ça." (Claudine Henri)

"Je n'ai pas porté plainte car je me sentais coupable"

"J'ai été violée à l'âge de 22 ans, j'en ai maintenant 29. Je n'ai pas porté plainte, car je me sentais coupable de ce qui avait été fait... J'ai lutté contre cet homme que je connaissais. Pendant deux heures, je crois. Et puis j'ai abandonné, alors il a pu me pénétrer. Je ne me souviens même pas de ça, je me souviens d'avoir été au-dessus, comme détachée de mon corps. Depuis ma vie est un enfer, car l'homme qui m'a fait ça ne sera jamais jugé. J'aurais préféré mourir cette nuit-là plutôt que de subir ça, continuer à vivre avec, à me sentir salie, à penser qu'à cause de ce qu'il m'a fait je ne mérite pas d'être aimée pour ce que je suis car cette nuit-là, on m'a volé quelque chose de précieux. Je pense que les règles doivent changer, que l'on doit mieux accompagner les victimes, qu'il y ait un meilleur suivi, un meilleur accueil quand on essaye de porter plainte. J’ai essayé, on m'a expliqué toute la procédure, je n'ai pas osé continuer, devoir être confrontée à celui qui m'a fait ça est toujours au-dessus de mes forces. Que l'on arrête de penser que c'est forcément la femme qui a cherché à séduire l'homme et non l'homme qui a voulu abuser d'elle". (Anonyme)

"Je n'ai aucun souvenir clair de ce qui s'est passé"

"Je n'ai aucun souvenir clair de ce qui s'est passé. C'était un samedi, tôt le matin, et il m'a offert un jus d'orange. Après ? Je ne sais pas. Je ne saurai jamais ce qu'il m'a fait. Je ne serai jamais sûre de rien. Le flou me dépossède de la possibilité même de me révolter. C'est une nausée discrète et inaltérable." (Valentine)

"C'était un homme que je connaissais, pas un inconnu"

"En 1997, j'avais 22 ans. J'ai subi un viol alors que j'étais étudiante en licence de philosophie à Paris. Cela s'est passé en matinée, pas la nuit dans une rue étroite. C'était un homme que je connaissais, pas un inconnu. Il m'a séquestrée le temps de me terroriser et de me violer. Je me souviens de tout, comme il a enlevé sa ceinture et fermé la porte à clé, comme il a menacé de me torturer, comme il a menacé d'aller tuer ma famille. J'étais paralysée et bizarrement je "mouillais", oui je mouillais. De peur. Mon corps avait pris le relais sur ma pensée. Puis il m'a mise sur le ventre, a enfilé un préservatif. Je voyais la scène comme si j'étais hors de mon corps. Quand il a fini il m'a dit 'tu vois, ce n'était pas si terrible'. Il s'est rhabillé, il est parti. Je suis rentrée chez moi, sans billet de train je me souviens. L'homme appelait chez moi, il parlait à ma mère, lui disait à quel point il prendrait soin de moi. Personne n'a rien vu, mais ai-je dit quelque chose? A partir de là, ma vie a été une sorte d'errance pour ne plus penser. Mes choix amoureux et mes choix de vie ont été grandement influencé par cet événement. En 2010, je suis allée à la gendarmerie, deux femmes ont recueilli mon témoignage mais il n'y a pas eu de suite du fait du délai de prescription. Puis il y a eu "l'affaire DSK", j’ai ressenti l'impunité comme une grande injustice. J’ai écrit au procureur de Paris, où a eu lieu mon agression. Là encore, il n’y aura pas de suite." (Marie, 38 ans)

"La honte d'être jugée par ma famille"

"J'ai les larmes aux yeux en écrivant, ce qui m'est arrivé est un fait divers banal. J'ai 57 ans, j'ai discuté avec un homme pendant plusieurs mois, ensuite on a pris un café dans un lieu public. Invitation chez moi dans l'après-midi. Le rendez-vous tourne mal. Au départ j'étais consentante, mais il m'a bloquée et je suis restée terrorisée sans aucune volonté. Il a arrêté en voyant le lit couvert de sang. Il est parti. En tout, il est resté 20 minutes. J'ai appelé ma soeur, elle est arrivée. J’ai fait une hémorragie. Syncope, médecin, j'habite loin de tout, il a essayé d'arrêter les saignements sans résultat. Arrivée aux urgences, j'ai saigné encore, bilan : 2 points de suture internes, 3 externes. Et la honte d'être jugée par ma famille. Le gynéco me dit de ne pas cautionner l'acte de ce monstre, d'aller à la gendarmerie pour les autres femmes qu'il pourrait rencontrer. Donc, je mets ma fierté dans la poche, je me rends chez les gendarmes de mon petit village. Je ne peux pas déposer plainte, je l'ai fait rentrer volontairement chez moi, j'aurais dû hurler sur mon balcon, voilà le conseil d'un gendarme. Depuis bientôt 5 ans, tous les jours, je porte les stigmates physiques et psychologiques de cette mauvaise rencontre. Si vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout, j'espère que votre mouvement fera changer la façon d'accueillir les femmes suite à une agression. Nous sommes loin de l'écoute, du réconfort". (Claude G.)

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